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Pourquoi il ne faut pas renoncer à allaiter

Cette sensation d’épuisement qui te prend aux tripes, je la connais. Comme toutes les mamans, d’ailleurs !

Tu as l’impression que tu n’arrives plus à dormir la nuit, que l’allaitement te dévore toute ton énergie. Tu te dis que si c’est ça, l’allaitement, ce n’est pas fait pour toi. Eh bien, en réalité, cette étape est transitoire. Et oui, après la pluie, il y a bien le beau temps.

L’allaitement maternel n’est pas simplement une histoire d’ajustements physiologiques. Il ne suffit pas d’avoir la bonne position au sein, de donner des tétées à la demande ou encore de surmonter les crevasses. Non, l’allaitement, c’est aussi dans la tête qu’il se joue.

L'allaitement maternel dans sa psychologie

Nous vivons dans un monde de rentabilité, où tout doit être fait rapidement, où il y a une pression de la réussite assez sévère. 

Nous sommes vite jugés si nous entreprenons quelque chose que nous échouons. Pour l’allaitement, il n’y a pas d’exception à la règle.

Cette pression qui n’est pas toujours consciente vient carrément influencer nos choix, à tel point que beaucoup de femmes arrêtent d’insister, alors que parfois, il suffirait de peu pour franchir ce cap.

Et certaines d’entre elles se retrouvent à donner un biberon à leur petit en versant des larmes.

Ces surtout pour elles que j’écris cet article. Car d’autres, au contraire, se retrouvent soulagées et n’éprouvent aucun regret à avoir abandonné ce projet qui pourtant, dans leur imaginaire étant enceinte, avait toute sa place.

Il me paraît donc bien triste de ressentir ce malaise. Je reste persuadée qu’avec de bonnes informations, tout allaitement désiré et assumé peut être poursuivi.

Au fond, au risque de choquer, je pense qu’un allaitement réussi est avant tout une suite logique à l’envie d’allaiter.

Ce que je m’apprête à dire est sans aucun jugement de ma part, je tiens à le préciser, car je sens déjà l’orage pointer le bout de son nez… Ce que je pense, c’est que si l’on a VRAIMENT envie d’allaiter son enfant, on le peut

En effet, d’un point de vue primaire, la femme a des mamelles, déjà préparées à l’état de fœtus, dans le ventre de leur mère. Ces glandes nourricières se développent à ce moment, avant même qu’elle ne soit née. Et lorsqu’elle respire sa première bouffée d’oxygène, son corps est déjà « configuré » pour allaiter

C’est donc ce qu’il y a de plus naturel, quand arrivée à l’âge d’enfanter, la fille devient mère et allaite pour nourrir.

Dans les pays du tiers-monde, les femmes réussissent leur allaitement. Pourtant, pourquoi ne rencontreraient-elles pas autant de difficultés à allaiter que nous, européennes bien industrialisées ? 

Par nécessité, elles allaitent. Parce que leur corps et celui de leur bébé les appellent à cela, elles allaitent. Parce qu’elles ne se posent pas toutes ces questions, elles allaitent. Instinctivement, informées par leur mère, leur grand-mère, ou les générations qui les ont précédées. 

Dans les contrées les plus reculées, sans paperasse, sans internet, elles y parviennent. Le plus simplement du monde.

Et nous, femmes éduquées, entourées d’informations de tous côtés, nous sommes très loin de ce mode de fonctionnement.

Un jour, alors que j’allais faire une prise de sang, le biologiste gérant du laboratoire m’a carrément sorti, alors que je lui disais allaiter depuis 3 mois et ne pas savoir quand j’arrêterais, une phrase aberrante

Alors que je lui citais l’exemple des femmes africaines des tribus au sujet de leur capacité innée à allaiter, il m’a dit : 

« – Mais est-ce qu’on devrait suivre leur exemple, à ce peuple arriéré ? Ils manquent d’éducation, ils ne comprennent rien, nous n’en sommes plus là aujourd’hui… »

Mon silence à la suite de cette remarque t’en dira long.

Bref, tout cela pour te dire que la motivation pèse un poids plutôt lourd dans la balance de l’allaitement maternel. 

Parfois, certaines femmes se refusent à assumer ce choix d’arrêter l’allaitement et qui est dû une désillusion. Elles s’imaginaient un allaitement différent, qui leur inspirerait certains sentiments qui ne sont pas venus. 

Par gêne, par frustration, elles cherchent alors une « excuse » pour le stopper. Mais qu’y a t-il de mal, au fond, à s’apercevoir que l’allaitement rêvé n’est pas la réalité qui s’impose à nous ? Qu’y a t-il de mal à cela ?

Il en ressort alors de la culpabilité tue, un bouleversement émotionnel intime et dévastateur, qui ne peut pas être traité parce qu’il n’est pas prononcé à voix haute. Et que personne n’ose, en plus et pour ceux qui le voient, en discuter avec la mère dans le but de l’aider.

Ne pas arriver à allaiter, pour des raisons psychologiques, n’est pas une tare. C’est une douleur vive et présente qui devrait être traitée. 

Une maman qui se sent mal en donnant la tétée à son enfant, ce n’est pas normal. Une sensation de vide, de pesanteur, de la tristesse, un étouffement indescriptible, muet, ce n’est pas normal. L’impression que son bébé nous prend pour une tétine quand on ressent un malaise vis-à-vis de cela aussi, ce n’est pas normal.

Mais le problème ne vient pas de l’allaitement maternel, mais bien d’ailleurs, là où se joue un combat avec l’âme. Et pour celles qui en prennent conscience, elles pourront se faire aider en rencontrant un psychologue averti et sérieux.

Pro-allaitement VS anti-allaitement

Je vois souvent sur les forums d’entraide des femmes qui répondent avec agressivité à celles qui assument pleinement leur côté pro-allaitement. Ce sujet est donc devenu fragile, presque tabou, quand on veut éviter le conflit.

Rien qu’en cherchant « pro-allaitement » sur Google, tu verras que tu tombes sur pas mal d’article de « hateuses » qui déclarent haut et fort qu’elles en ont marre de cette mode « pro-allaitement ».

Personne n’aurait donc le droit, que ce soit un clan ou l’autre, de faire part de son point de vue, sans être vivement critiqué ? 

Nous, les femmes, qui prônont l’existence d’un équilibre des opinions, qui nous évertuons à faire valoir notre point de vue, sommes-nous réellement en train de le faire, en nous crêpant ainsi le chignon à cause de nos désaccords ?

Probablement pas.

Le débat s’étend plus loin que l’allaitement ici, mais si le sujet interpelle autant et génère autant de tensions, je m’interroge sur la raison de ce déferlement de rage.

Peut-être en revenons-nous encore à l’aspect psychologique de la chose. 

Une maman qui ressent le besoin de mettre au premier plan sa carrière, son ambition féministe, son émancipation sexuelle et émotionnelle aura tendance à refuser catégoriquement l’idée d’allaiter. Ou du moins, elle ne sera pas convaincue de cet intérêt à le poursuivre longtemps, s’éloignant un maximum de cette condition primaire de la femme. 

Certaines femmes carriéristes ayant ce profil psychologique choisiront même de ne pas avoir d’enfant, par peur, sans doute, que ce petit être ne vienne leur enlever cette fusion qu’elles entretiennent avec elles-même, ce besoin d’être femme avant tout.

Souvent, ce sont ces femmes qui se rangent dans la catégorie de celles qui sont anti-allaitement.

Les pro-allaitement, quant à elles, seront plutôt orientées vers la nature, le maternage proximal, le portage, ayant une conscience environnementale, une volonté de s’épanouir dans leur maternité avant leur carrière.

Mais là, ce sont des cases, et je n’aime pas les cases. Car mon but ici est juste d’exprimer mon opinion sur les raisons de poursuivre son allaitement, et non pas de convertir celles qui sont contre l’allaitement à devenir pour.

Les raisons pour ne pas abandonner son allaitement

Venons-en au fait. Il me semblait important de mettre en avant l’aspect psychologique de l’allaitement tout au long de cet article, car il s’agit de la raison phare de son arrêt, selon moi.

Maintenant, voilà pourquoi je pense qu’il est important de continuer d’allaiter quand on a un coup de mou :

  • parce que c’est un passage qui bientôt ne sera plus qu’un souvenir
  • parce que quand tu allaites, tu donnes le meilleur à ton bébé
  • parce que l’allaitement maternel est tellement beau à vivre quand il est mis en place
  • parce que peu à peu, ton bébé tétera de moins en moins et donc, tu seras moins épuisée
  • parce que l’allaitement n’empêche pas de dormir, au contraire, il peut même être un atout pour ça en cumul du cododo
  • parce que l’acte de succion du bébé dégage des hormones de bien-être chez la mère et l’enfant
  • parce que toutes les idées reçues peuvent être combattues par l’information
  • parce que tu seras fière d’avoir su te dépasser pour aller au bout de ce projet d’allaitement
  • parce que l’allaitement long peut drastiquement réduire les risques de développer un cancer

Il est vrai qu’il est difficile de traverser l’étape des débuts de l’allaitement, surtout si tu n’as pas été bien aiguillée dès ton séjour à la maternité.

Cependant, il faut comprendre qu’il s’agit bien d’une période qui peut durer de quelques jours à quelques mois.

 

Communiquer pour se donner toutes les chances de réussite

Surmonter les difficultés physiques liées aux crevasses (cf mon article sur le sujet), c’est pesant avec la fatigue. Celle-ci n’est pas en lien avec ton allaitement mais bien avec l’échelle de la grossesse cumulée au démarrage de ta maternité toute fraîche.

Si tu te retrouves quand je parle de plusieurs mois, alors c’est qu’il y a une mauvaise routine qui s’est installée et doit être corrigée. Je t’invite à venir m’en parler (par e-mail à l’adresse contact@cocondelait.fr) et bénéficier de ton accompagnement personnalisé gratuit. Nous pourrons ainsi identifier ensemble ce qui bloque et trouver une issue confortable pour ton bébé et toi.

Dans tous les cas, je te conseillerai de ne pas attendre pour parler des freins qui te ralentissent, même si tu démarres tout juste ton allaitement.

Quand on se sent ralentie dans son allaitement et que l’on ne trouve pas le soutien espéré auprès de son entourage, il ne faut pas hésiter à prendre conseil ailleurs.

Rejoindre une communauté autour de l’allaitement maternel comme le groupe « We Milky Moms« , c’est essentiel pour se préserver et garder confiance en ses capacités de maman, et qui plus est, de maman qui allaite.

Je t’invite aussi à t’inscrire à la newsletter afin de profiter de conseils éclair, de te rassurer et t’aider au quotidien dans la poursuite de ton allaitement.

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