fbpx

Faire du peau à peau avec son bébé

Après l’accouchement, il arrive que certaines mères soient nostalgiques de ressentir le bébé à l’intérieur d’elles-mêmes. Ce sentiment, fréquent, souvent refoulé, peut être apaisé avec le peau à peau. Si le papa peut aussi le vivre, il laisse découvrir des moments intenses d’un autre type, différents de cette sensation de petits pieds qui talonnent nos entrailles, quand bébé est encore dans l’utérus. Mais, ces émotions produites par le peau à peau restent proches de celles ressenties pendant la grossesse, quand bébé bouge. Elles stimulent une même zone de notre cerveau.

Définition du peau à peau

Tout simplement, comme son nom l’indique, il s’agit de poser bébé, nu ou en couche, contre son propre corps. La peau de bébé est contre ta peau, maman ou papa, sans l’interposition d’un vêtement entre vos deux corps.

De nos jours, je pense ne pas me tromper (corrigez-moi si ce n’est pas le cas) en disant que toutes les maternités laissent faire le peau à peau de suite après la naissance, quand cela est possible.

Après avoir été sorti du ventre de sa maman, le bébé est déposé contre elle. Cette pratique n’est pas réservée qu’aux femmes puisque le papa peut lui aussi le faire. Quand la maman est éprouvée par l’accouchement et qu’elle ne peut pas le faire, il lui est proposé de prendre ce relais.

C’est alors qu’une bulle se crée autour du parent et de son enfant. Chacun sent l’odeur de l’autre, le bébé est rassuré par la tendresse du geste, bercé par la chaleur corporelle de celui qui le soutient.

Il est prouvé que le peau à peau entraîne une réaction innée chez le bébé, qui est ainsi mis dans les meilleures conditions pour se hisser jusqu’au sein de sa mère, comme s’il était aspiré par cette nature profonde de trouver la source nourricière.

Le contact avec son bébé tranquillise aussi le parent, qui se sent calmé, même après le stress de l’accouchement qu’a subi la mère. Les liens se tissent et se consolident.

Le pratiquer au quotidien

Au-delà de ses bienfaits qui s’appliquent à tous les bébés, le peau à peau est d’autant plus utile chez les prématurés

Parfois, s’ils ont du mal à trouver le sein ou à l’attraper, apposer un bébé né trop tôt va réveiller ses sens et l’inciter à rejoindre progressivement le téton.

Le contact favorise la relation à l’allaitement, que ce soit du côté de la mère ou de l’enfant. La chaleur humaine, c’est connu, est thérapeutique ! Ainsi, un bébé en pleurs, qui refuse de téter, peut simplement être calmé par la pratique du peau à peau. Parfois, il s’apaisera par ce seul moyen et pourra ensuite être mis au sein, sans encombre.

Ce que le peau à peau apporte au bébé

Le savais-tu ? Le fait d’être contre un autre individu, à même la peau, permet de réguler sa température corporelle. Dans le contexte maternel, la température de la poitrine augmente carrément d’un demi-degré alors que le bébé est installé contre elle. Par conséquent, le bébé « se réchauffe » plus vite que s’il était habillé, dans les bras. Même ses talons s’échauffent de 2° !

Au même titre que la température du corps, la respiration et les battements du cœur de ton bébé se feront plus calmes en peau à peau. 

Plus surprenant, c’est le taux de sucre dans le sang qui s’élève grâce à ce rapprochement physique. Plus un bébé va faire de peau à peau, moins il sera exposé à l’hypoglycémie. 

Comme je le disais plus haut, la prise au sein va s’en trouver facilitée avec cette pratique. D’ailleurs, il a été observé que les bébés mis en situation de contact par la peau seraient plus aptes à téter correctement.

Le lait maternel a tendance à s’écouler par lui-même dans les premiers mois de vie d’un bébé. Lorsque le peau à peau est pratiqué chez les femmes qui rencontrent des baisses de lactation, elles retrouvent souvent par ce biais une lactation équilibrée et normale.

Autre avantage (et pas des moindres), c’est la diminution des pleurs de bébé. Surtout après l’accouchement, quand le bébé est sujet au stress parce qu’il est séparé de sa mère, le fait de la retrouver ou de se lover sur le torse de son père va réduire ce malaise

En un quart d’heure, il pourra se relaxer et peut-être s’endormir. La réduction drastique de la récurrence des pleurs a été mise en avant par une étude. Le chiffre serait de 10 fois moins de pleurs entre un bébé en peau à peau et un autre qui n’aurait pas ce privilège.

N’hésite pas, quand tu es à la maternité, à demander à mettre en oeuvre le plus souvent possible cette méthode, notamment lorsque ton bébé recevra ses premières piqûres. 

Lorsqu’une intervention de ce type est pratiquée, comme pour les vaccins d’ailleurs, mettre son bébé en peau à peau permet d’adoucir le moment. Ainsi détendu, l’enfant ressentirait moins la douleur. Allaiter un bébé à ce moment-là aurait les mêmes conséquences positives, soit dit en passant.

Et plus particulièrement chez le bébé prématuré, la méthode kangourou...

La méthode « kangourou », qui consiste à mettre le bébé peau contre peau sur le ventre de la mère, permet à l’enfant de mieux se développer. En plus des autres points positifs détaillés ci-dessus, cela englobe une meilleure prise de poids, améliore l’endormissement et réduit ses besoins en oxygène

Pour les mamans qui sont déterminées à allaiter (car oui, dans ce cas, il faut s’armer de patience et de volonté), le fait de pratiquer souvent le peau à peau va permettre d’augmenter les chances de réussite de l’allaitement.

Dans ces moments difficiles où le bébé est en incubateur, éloigné physiquement de ses parents, il est important (et même émotionnellement vital) de construire et préserver le lien parental avec une grande attention. 

Si de nombreux travaux scientifiques démontrent l’intérêt des câlins à son bébé, c’est d’autant plus vrai pour les prématurés. J’ajoute qu’il a été prouvé que le cerveau des enfants qui ont reçu ce traitement « kangourou » s’en trouve modifié après son développement, de façon positive. 

Ainsi, ces enfants-là seraient moins agressifs que les autres et plus faiblement touchés par des problèmes de comportement.

Ce que le peau à peau apporte aux parents

Le papa qui s’implique dans cette relation présente souvent d’autres symptômes de bonheur. Il sera plus investi dans sa relation avec sa femme et témoignera davantage de gestes de soins envers son bébé.

Comme l’allaitement, le peau à peau favorise une expulsion du placenta plus rapide et en bonne et due forme.

Les situations stressantes seront aussi moins mal vécues par les parents, minimisant le risque de dépression post-partum. 

Les sensations perpétrées par le peau à peau seraient des vecteurs de réassurance dans le rôle de parents. Les pères et les mères seraient ainsi plus confiants en eux dans leur rôle de parents et auraient des intéractions plus affectueuses avec leur délicate progéniture.

Le cas particulier de la césarienne

Une césarienne est souvent subie par les parents. Déjà, elle exclut l’accouchement qu’on dit naturel, par voie basse. Cela peut donner aux mères l’impression de ne pas y être arrivées par elles-mêmes. Mais quand elle est pratiquée, c’est sur décision médicale, parfois pour sauver la vie de l’enfant, parfois pour s’assurer d’éliminer tout problème anticipé. 

Dans tous les cas, elle a un impact important sur le moral des parents puisque le père, lui aussi, est souvent écarté de la salle d’intervention, ne pouvant vivre l’événement comme il l’aurait imaginé et soutenir sa conjointe.

Bien qu’il ne soit pas toujours envisageable selon le contexte de santé, le peau à peau n’est pas incompatible avec la césarienne. Parles-en à ta sage-femme lors de ton projet de naissance, si tu le peux, afin d’organiser cela avec ta maternité. 

Sinon, le papa pourrait se proposer pour commencer le peau à peau, pendant que tu serais encore endormie si cela était le cas. 

La césarienne peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes. Il a été mis en avant que le peau à peau avait une incidence positive à la réduction de la douleur suite à cette chirurgie. 

C’est pourquoi il peut être important pour la mère de le demander, même dans cette situation, et que toutes les maternités devraient – selon moi – s’impliquer pour mettre en place un maximum de moyens afin de contenter ce besoin.

Précautions à prendre

Avoir son bébé tout contre soi nécessite quelques règles de sécurité à appliquer. Une liste de recommandations a même été dressée par l’académie américaine de pédiatrie. La voici :

  • il faut toujours bien distinguer le visage du bébé : sa bouche et son nez doivent être dégagés
  • son cou doit être dans l’axe de son corps et ne pas pencher en avant ou en arrière
  • son menton doit être un peu relevé
  • sa tête doit être orientée vers le côté, épaules et poitrine face au parent 
  • ses jambes doivent être repliées et son dos couvert par un lange ou une couverture, de façon à ce qu’il n’attrape pas froid
  • la maman doit être suffisamment éveillée et ne pas risquer de s’endormir, de peur que le bébé ne glisse sur le côté ou ne tombe

Pour conclure, j’aime à dire que le peau à peau est un complice de l’allaitement maternel. En faire régulièrement est facile quand on choisit d’allaiter, le bébé étant souvent « collé » à sa maman. Le rôle du papa est aussi important, puisqu’il va permettre d’accompagner l’enfant à un autre niveau, moins nourricier, plus dans le partage humain et le réconfort masculin si propre à l’homme. 

Le portage sera une bonne solution pour le pratiquer souvent, avec la bonne technique bien sûr. N’hésite pas à prendre des cours avec une monitrice, car elle t’apprendra la physiologie et crois-en mon expérience, les tutos ne suffisent pas.

Avec le peau à peau, toi et papa allez connaître de délicieux moments d’échange remplis d’amour et de douceur. Ils sont précieux, car bébé grandit trop vite. Et ils lui permettront de démarrer du bon pied dans la vie, même s’il ne peut pas encore en poser un par terre… Alors, puisque tu as décidé de l’allaiter, et que l’allaitement maternel est une « variante » du maternage, je t’invite vraiment à lui faire un maximum de câlins en peau à peau pour le bien-être de toute la famille.

Parce que c’est toujours génial de pouvoir discuter avec d’autres mamans de leur parcours et leur vécu, rejoins le groupe « We milky moms » sur facebook et viens partager ton expérience.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *