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Hyperthyroïdie et allaitement

Enceinte, tu n’avais pas de problèmes de thyroïde, donc aucune raison de te méfier de cette petite glande située au niveau du cou, en forme de papillon.

Mais voilà, là, tu te sens fatiguée, tu as d’énormes bouffées de chaleur, le cœur qui palpite, ton humeur est bouleversée, tu transpires comme jamais tu n’as transpiré de ta vie… 

Comme moi, tu peux te dire que ce sont là des manifestations des modifications hormonales qu’implique l’allaitement maternel.

Peut-être, oui, mais ce n’est pas à prendre à la légère.

Ici, je vais te raconter mon histoire. En aucun cas, elle ne se substitue à un avis médical. La thyroïde, c’est tellement de possibilités, que chaque personne qui a des troubles doit être vue en consultation avec un endocrinologue qui lui prescrira les tests adéquats.

Parenthèse mise à part, voici ce qu’il m’est arrivé ci-dessous.

Les symptômes de l'hyperthyroïdie

La liste est longue, et sur toute la liste, je ressentais à peu près tout :

  • les palpitations cardiaques
  • un essouflement anormal
  • un amaigrissement inexpliqué (ça, c’est la partie qui me rend nostalgique)
  • un appétit et une soif intenses
  • des selles fréquentes (ça, je m’en passe très bien)
  • une hyperémotivité et des sautes d’humeur (là, c’est chéri qui s’en souvient)
  • un sommeil léger
  • une grande fatigue 

Bref, dans l’ensemble, comme tu peux le constater, c’est pas la joie. Alors, si tu es en train de me lire, c’est sans doute que tu dois ressentir les mêmes choses. Ne fais pas comme moi, va consulter.

Le diagnostic de l'hyperthyroïdie

J’ai eu, de mon côté, une surveillance au niveau de la thyroïde durant la grossesse. Depuis un certain temps déjà, je sais que j’ai des problèmes d’hypothyroïdie, alors j’étais suivie pour cette option (maladie de Hashimoto). 

Après l’accouchement, j’ai clairement fait n’importe quoi, puisque comme je ne suis pas fan des médicaments en général, j’ai décrété qu’il était inutile que je continue de prendre mon traitement ou même que je surveille. Trop de choses à faire avec ma petite merveille au quotidien, pas envie… 

Je précise qu’un suivi classique, c’est juste une prise de sang mensuelle et un tout petit cachet (qui ressemble à une pilule contraceptive) à prendre une fois par jour. Le drame quoi…

Mais bon, ça ne m’a pas empêchée de l’arrêter et de ne plus aller au laboratoire d’analyses médicales tous les mois.

Et là, sans que je ne le voie venir, j’ai commencé à avoir un bon lot de symptômes. Alors, maigrir, c’était cool. J’ai perdu 10 kilos en un mois en mangeant plus que d’habitude. Le régime idéal, celui que tout le monde rêve d’appliquer ! Mais il a bien fallut que je me rende à l’évidence.

Je suis allée un jour voir mon généraliste pour un rhume de ma fille et je lui ai demandé de regarder mes résultats de prise de sang.

J’étais allée en faire une entre temps, puisque j’avais toujours l’ordonnance de contrôle que m’avait prescrite l’endocrino pendant ma grossesse.

Et là, il a tiré la sonnette d’alarme ! Thyroïde à zéro, qui ne fonctionnait plus, et petit diagnostic au passage : maladie de Basedow.

Heureusement qu’il a un peu insisté, au point de me faire peur, parce que sinon, j’aurais pu finir avec les yeux sortis de leur orbite et une crise cardiaque sans même m’en rendre compte !

Soigner l'hyperthyroïdie pendant l'allaitement

J’ai donc rencontré l’endocrino, un peu honteuse, quelques temps après, dès qu’elle a pu me recevoir en rendez-vous.

Et là, même si elle est très sympathique et plutôt ouverte à la discussion, j’ai dû batailler pour continuer mon allaitement.

Elle m’a dit dès le début cette phrase cinglante, qui a résonné en moi comme une terrible annonce : « bon, maintenant, il va falloir penser à arrêter d’allaiter… de toute façon, ça fait déjà presque un an… c’est bon, là. »

Je dois dire que j’ai réagi assez brutalement, je me suis braquée face à elle et j’ai voulu trouver une solution pour cumuler mes soins et l’allaitement.

Elle a bien senti que je ne démordrais pas, que je m’acharnerais coûte que coûte jusqu’à ce que j’y arrive.

D’ailleurs, elle s’est montrée humble et a accepté de faire des recherches pour m’aider, malgré ses premières recommandations. Elle reconnaissait qu’elle ne savait pas et ça, j’ai vraiment apprécié. 

Au final, j’étais tombée sur un médecin humain, qui a pris en compte mes besoins psychologiques en plus de mes besoins physiques. Car j’ai bien vu, depuis le démarrage de l’allaitement, que ce n’était pas toujours le cas.

Donc nous avons trouvé un traitement ensemble qui convenait à l’allaitement. Il s’agit du propylex®.

C’est un traitement sur 18 mois, à peine plus contraignant que le levothyrox® pour les hypothyroïdies. 

Au début, je prenais 3 cachets journaliers, j’avais des contrôles par analyse sanguine chaque semaine. Mais ça n’a duré qu’un mois.

Ensuite, j’ai fini avec un cachet par jour, au fur et à mesure que le traitement avançait. Et prise de sang mensuelle.

En quelques jours, j’ai commencé à sentir les effets bénéfiques et même si j’ai repris tous mes kilos (adieu corps de mannequin), j’ai quand même apprécié retrouver une vie normale.

Aujourd’hui, je suis à la fin de mon traitement et tout s’est bien passé.

Ce qu'implique un traitement contre l'hyperthyroïdie pour bébé

Il est important de parler aussi de ce qu’il m’a été demandé de faire pour ma fille adorée.

C’était sans doute ce qui m’a le plus gênée durant le processus.

Il a fallut lui faire une prise de sang pour vérifier dans les premiers temps qu’elle ne subissait pas les effets du propylex®.

Car elle, à priori, sa thyroïde fonctionnait bien. Le risque, pour mon endocrino, c’était que si elle venait à assimiler le médicament qui passe à 1% dans le lait, elle pourrait développer une hypothyroïdie alors qu’elle n’avait rien demandé.

Bien documentée de mon côté, j’avais vu que le risque était extrêmement faible et qu’aucun cas n’avait été rapporté.

J’ai donc décidé de suivre ces recommandations en acceptant le traitement.

Finalement, la prise de sang s’est bien passée, plus de peur que de mal, même si je me sentais coupable de lui faire subir ça à cause de ma maladie.

Je précise qu’à l’époque, je ne lui donnais déjà à téter plus que le matin et le soir, occasionnellement la nuit si elle se réveillait.

La prise de sang s’est révélée négative et nous avons donc pu continuer ainsi.

Aujourd’hui, 18 mois après donc, je l’allaite toujours et elle n’a jamais manifesté un seul symptôme pouvant faire penser à une hypothyroïdie.

En parler pour bien le vivre

Je ne peux que t’encourager à aller consulter, comme je l’ai fait à plusieurs reprises dans cet article, si tu as le moindre doute.

Le diagnostic se fait sur une simple prise de sang.

Chaque personne est unique et doit bénéficier de soins adaptés à sa morphologie, au degré de la maladie et à ses antécédents médicaux. 

Par contre, rien de mieux que de partager son expérience, de trouver un bon moyen de le vivre et de ne pas baisser les bras si tu tombes sur un docteur qui refuse de t’écouter si tu lui dis que tu veux continuer l’allaitement.

Si tu es dans cette situation, viens m’en parler, ou contacte-moi sur le groupe « We Milky Moms » ou la page facebook « Cocon de lait« .

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