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Les baisses de lactation en cours d’allaitement

Tu as l’impression de produire moins de lait maternel ? La courbe de poids de ton bébé stagne, ralentit, diminue

Effectivement, il est possible que tu vives ce que l’on appelle une « baisse de lactation tardive« . Cependant, il faut écarter le passage en lactation autocrine, qui est tout ce qu’il y a de plus normal dans un parcours d’allaitement.

Cela se produit au bout de plusieurs semaines ou mois selon les femmes et correspond à une sorte de lactation « automatique ». En d’autres termes, l’allaitement est installé. Les fuites de lait dans le soutien-gorge deviennent alors progressivement un souvenir.

Les signaux d'une baisse de lactation

Ce qui peut alerter, c’est la stagnation du poids de ton bébé, ou alors carrément sa perte de poids. Pourtant, ce n’est pas toujours lié à une baisse de lactation.

C’est surtout le comportement de ton bébé qui va t’interpeller et te montrer que quelque chose se met soudainement à clocher.

Souvent, les mamans allaitantes croient à tort que la prise au sein de leur bébé est bonne. Ce n’est pourtant pas si vrai. Ayant participé à bon nombres de réunions d’allaitement, j’ai souvent constaté que beaucoup de femmes pensent avoir la bonne position et se rendent finalement compte que ce n’est pas le cas.

Parfois, les mamans pensent donc avoir un REF mais elles ont juste besoin de corriger la prise au sein de bébé. C’est donc la première chose à faire en cas de suspicion de REF : revoir la position de bébé. 

Il faut aussi vérifier qu’il n’ait pas un frein restrictif qui l’empêcherait de bien « absorber » le téton.

Le bébé qui prend bien du poids peut être rangé dans la case des bébés RGO assez vite. On va alors lui prescrire des médicaments anti-reflux inutilement. 

Mais attention ! Car ceux qui contiennent de la ranitidine ou qui inhibent la pompe à protons ont démontré des effets secondaires dangereux (troubles rénaux, augmentation de risques de fractures, d’infections intestinales graves…).

Les coliques ou les douleurs au ventre, les allergies aux protéines de lait de vache (APLV) sont notamment d’autres potentiels signaux évocateurs d’une baisse de lactation tardive. 

Mais cela reste à prendre avec mesure car les vrais APLV sont extrêmement rares chez les bébés allaités et pour les coliques, il s’agit aussi d’un raccourci rapidement fait du bébé qui pleure. Mais bon, au-delà de 3 mois, les coliques disparaissent… Donc…

Le sang dans les selles du bébé allaité

Si tu en trouves dans les selles de ton bébé, tu verras que la majorité des médecins que tu rencontreras auront tendance à diagnostiquer un problème d’allergie.

Ce n’est pourtant pas si systématique.

Il se peut que comme la lactation soit moins intense, le bébé arrête de téter avant que le lait de fin de tétée ne se crée. Ainsi, il ingurgitera peu de graisses, qui se trouvent dans ce lait.

Alors, l’estomac de ton bébé pourrait vite se vider et ne pas rester « protégé » par les graisses. L’effet ? C’est que l’acidité agresse les intestins, entraînant alors une irritation et des saignements. Mais cela reste une hypothèse de logique et non une affirmation prouvée scientifiquement.

Des indicateurs supplémentaires à la baisse de lactation tardive

On retrouve différentes scènes qui appellent à définir que tu as une baisse de lactation tardive :

  • ton bébé fait une « grève » et ne tète plus la journée mais bien la nuit
  • ton bébé tire sur ton mamelon, le lâche, le reprend, pleure ; et il reproduit ce rituel souvent mais il tète bien la nuit
  • tu as des douleurs aux mamelons inhabituelles, ton bébé te « mordille » sans que ce soit lié à autre chose (comme les dents par exemple)
  • ton bébé tète beaucoup plus longtemps ou au contraire très peu et quand il tète peu, il passe beaucoup de temps à mettre ses doigts ou ses mains à la bouche
  • ton bébé peut se réveiller souvent la nuit alors qu’il dormait bien ou au contraire, dormir toute la nuit alors qu’il se réveillait souvent
  • ton bébé semble « se sevrer de lui-même » (erreur : un bébé ne décide pas de se sevrer avant ses 3 ans minimum !)

Identifier les débuts d'une baisse de lactation tardive

Les « symptômes » décrits ci-dessus sont tellement discrets, et peuvent se fondre avec l’évolution de l’enfant pour la plupart d’entre eux.

Il est donc difficile, voire impossible, de reconnaître les prémices d’une baisse de lactation à son commencement.

C’est pourquoi les mères qui perçoivent le problème en prennent conscience tardivement alors que la baisse de lactation est déjà bien ancrée.

En général, à ce stade, il se pourrait que ton bébé ait déjà été basculé vers le lait artificiel comme s’il impliquait la résolution du problème. 

Sache que ce n’est pas le cas, c’est juste parce qu’il prend davantage de lait. Mais c’est rarement parce qu’il est allergique à une protéine dans ton lait…

Si tu relances ta lactation pour produire davantage de lait maternel, tu verras que tu pourras de nouveau lui donner le sein en exclusivité. Il retrouvera alors un poids évolutif et un comportement plus serein lors des tétées.

Que faire pour relancer ta lactation ?

Ce n’est pas si compliqué que cela. Par étapes, il faut :

  • vérifier la bonne prise au sein de ton bébé et si besoin, la corriger
  • compresser ton sein pendant que bébé tète
  • faire du peau à peau le plus régulièrement possible
  • faire vérifier s’il n’a pas de frein de langue
  • t’assurer que tu ne prends pas de traitement qui diminuerait ta lactation et si c’était le cas, le faire modifier
  • stimuler un maximum ta lactation en faisant téter bébé plus souvent (si besoin, utilise aussi un tire-lait en plus) pendant quelques jours
  • proposer des tétées sur les deux seins à chaque fois
  • commencer la diversification alimentaire si bébé a plus de 4 mois plutôt que de lui donner du lait artificiel (risque de confusion sein/tétine = risque de refus du sein tout court)
  • boire des tisanes d’allaitement

Si ces précautions et applications ne suffisent pas, il peut être utile d’avoir recours à un médicament galactogène.

Le dompéridone®* pourra alors être prescrit par un médecin.

Ce qui peut provoquer une baisse de lactation chez la mère allaitante

Afin d’éviter de revivre cette situation, il te sera utile de savoir ce qui a pu faire que ta production lactée en est venue à baisser.

Voilà les raisons qui peuvent l’expliquer, comme vu plus haut :

  • une mauvaise prise au sein
  • la présence d’un frein de langue
  • l’introduction du biberon ou de bouts de sein

Mais aussi :

  • le fait de donner un sein par tétée
  • le fait de commencer une pilule ou s’être fait poser un DIU (s’il n’y a aucun effet sur une femme, il peut y en avoir pour d’autres. Chacune est différente)
  • la survenue d’une nouvelle grossesse
  • la prise de certains médicaments (toujours vérifier la liste des effets secondaires)
  • la dépression post-partum (à prendre avec des pincettes car rien n’a jamais été prouvé à ce sujet)

Partager son vécu pour mieux gérer la situation

Rien ne vaut l’échange avec d’autres mamans.

Certaines pourront trouver des similitudes dans leur expérience et permettre à d’autres d’identifier plus rapidement le problème.

Discuter dès que l’on a le moindre doute est donc important pour arranger les problèmes.

En effet, plus ils sont pris tôt, plus les méthodes de leur résolution seront faciles à mettre en oeuvre.

C’est pourquoi je t’invite à rejoindre la famille « We milky moms » qui met en relation des mères allaitantes qui ont envie d’aider d’autres mamans.

Et n’oublie pas de t’abonner à la newsletter pour rester informée des bons plans de la boutique et retrouver des conseils d’allaitement pour le quotidien.

 

*Si des études ont rassuré sur ses possibles effets secondaires, il est toutefois important que tu les connaisses. Parles-en avec ton médecin.

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