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Allaitement et alcool

Avec l’arrivée des beaux jours, les soirées et apéros pullulent autour de nous.

J’avoue qu’il peut être agréable de boire un petit verre en terrasse entre copines, le temps d’échanger les derniers potins.

Puis, en couple, entre amis, parfois, c’est quand même sympa… S’il est impératif d’oublier ces moments « détente » durant la grossesse, la « sentence » est moins lourde quand on allaite.

Un petit peu, beaucoup, passionnément...

Il y a celles qui préfèrent ne pas boire du tout d’alcool, par mesure de précaution, et celles qui s’autorisent ces instants, avec modération. Je ne parlerai pas ici des femmes qui souffrent d’une réelle addiction et si elles me lisent, qu’elles n’hésitent pas à contacter Alcool info service au 0 980 980 930 (ouvert 7j/7).

En réalité, comme pour le tabac, il est évidemment préférable de ne pas consommer d’alcool durant l’allaitement. Mais, cela reste possible avec un peu d’attention.

L'alcool passe dans le lait maternel, mais comment ?

C’est un fait avéré depuis longtemps, il n’y a pas de doute : l’alcool passe dans le lait et peut donc être absorbé par le bébé qui le boit.

Il s’y retrouve sensiblement aux mêmes doses que l’alcool dans le sang.

Son degré d’assimilation par l’organisme est plus ou moins fort en fonction de différents critères :

  • poids de la mère et masse corporelle
  • quantité ingérée
  • vitesse à laquelle elle est ingurgitée
  • pourcentage d’alcool dans la boisson 
  • état de fatigue de la mère
  • statut de son estomac : a t-elle mangé avant de boire ou non ?

Le fait d’avoir avalé de la nourriture solide a pour effet de ralentir l’absorption de l’alcool.

Il a été mis en avant que les femmes qui allaitent, d’une manière générale, métabolisaient moins l’alcool que celles qui n’allaitent pas.

En d’autres termes, l’élimination de l’alcool chez les mamans allaitantes est plus rapide que chez les autres.

En fait, quand le taux dans le sang baisse, il diminue en même temps dans le lait maternel.

Ainsi, si tu bois une quantité moindre, par exemple un verre de chardonnay (je ne sais pas pourquoi mais c’est celui qui me vient en tête), il disparaîtra totalement de ton organisme en quelques heures.

Mais si tu consommais plusieurs verres, au-delà de 150 grammes d’alcool, l’élimination deviendra plus lente.

Les effets de l'alcool sur l'enfant allaité

Si tu consommes moins d’un gramme par kilo d’alcool, cela ne devrait pas poser problème à ton bébé.

Plus ton bébé est jeune, plus il sera sensible.

Ainsi, il est arrivé que des femmes allaitantes qui ont avalé plus de 700 millilitres d’alcool en un jour aient provoqué par l’allaitement de leur nourrisson un état d’ébriété. Mais bon, avec cette quantité pour un bébé de moins de 3 mois, oui, il était possible que l’enfant ait cette réaction

Concernant le développement neurologique des enfants à long terme, plusieurs études ont été menées et dévoilent des résultats allant à l’encontre les uns des autres.

Les conséquences de l'absorption d'alcool sur le réflexe d'éjection du lait maternel

Le fait de boire de l’alcool n’a pas seulement des répercussions sur le lait maternel. 

Cela agit aussi sur ce que l’on appelle le réflexe d’éjection et qui correspond à la « sortie » du lait maternel durant la tétée.

Des études ont été menées, amenant à identifier un blocage du réflexe d’éjection chez les femmes qui boivent de l’alcool et qui allaitent.

Sur un laps de temps court :

Ingestion entre 1 et 1,5 g/kg
Femmes dont le réflexe d'éjection baisse 50%
Ingestion entre 1,5 et 2 g/kg
Femmes dont le réflexe d'éjection se bloque 80%
Ingestion supérieure à 2 g/kg
Femmes dont le réflexe d'éjection se bloque 100%

Si tu venais à tirer ton lait après avoir bu de l’alcool, sous deux heures, ta production lactée diminuerait.

Il a également été démontré qu’un bébé tétait moins de lait maternel dans les quatre heures après que sa mère ait absorbé de l’alcool.

Par contre, à partir de huit à seize heures, la tendance s’inversait.

Les bébés qui ont participé à ces « expériences » ne montraient aucun signe de nervosité ou autre. C’est seulement en les pesant que la différence était constatée.

D’autres analyses ont été faites sur la modification du goût du lait, qui pourrait expliquer sa plus faible absorption

Or, s’il change bien, cela n’altère pas la succion des bébés qui auraient d’ailleurs tendance à téter plus fort. Peut-être pour faire venir le lait qui aurait tendance à ne plus jaillir comme avant ?

En tout cas, toutes ces études mises bout à bout confirment l’influence de l’alcool sur le réflexe d’éjection qui se met à décroître.

Cependant, le risque principal serait que la maman allaitante subisse un engorgement.

Car ce n’est pas parce que le réflexe d’éjection chute que le lait n’est plus produit.

Personnellement, il m’arrive de boire de l’alcool alors que j’allaite ma fille. J’attends toujours les deux heures recommandées après un verre. Et je n’ai jamais ressenti de différence, ni sur mon réflexe d’éjection, ni sur sa façon de téter.

Mais bon, toute femme est différente et doit bien évidemment s’écouter et observer son bébé afin d’adapter son comportement au mieux.

Gérer l'ingestion d'alcool avec l'allaitement

Ainsi, si tu bois de l’alcool tous les jours, même en petite quantité, il reste préférable d’espacer ces « prises », dans le doute. Mais si c’est occasionnel, tu peux te rassurer.

Quand tu sais que tu vas être amenée à ingérer de l’alcool, le mieux est de nourrir au sein ton bébé avant. Ainsi, il sera plus facile d’attendre les deux heures réglementaires avant de pouvoir de nouveau lui donner la tétée.

Sache qu’il existe un alcootest pour lait maternel, appelé Milkscreen®, que tu peux peut-être acquérir si besoin.

Le fait de tirer son lait ne fait pas évacuer l’alcool plus rapidement mais par contre, tu peux le tirer pour faire des réserves si tu sais que tu vas être amenée à participer à un événement arrosé. 

Dans ce cas, il te faudra prévoir d’alimenter ton bébé avec ton lait décongelé selon les précautions d’usages, en ayant conscience du risque de confusion sein/tétine.

Garde également à l’esprit que plus ton bébé est petit, plus il faudra que tu fasses attention, sa capacité métabolique étant réduite par rapport à son jeune âge.

Je te conseille aussi de suivre ce tableau informatif sur les délais à respecter entre chaque tétée dans ce contexte. Il a été créé au Canada pour aider les mamans allaitantes à se repérer :

tableau-alcool-et-allaitement

Et donc, je peux boire de l'alcool ou pas ?

Cette décision reste personnelle.

Décemment, je ne peux pas recommander d’en consommer.

Toutefois, toutes les études menées ne permettent pas d’affirmer qu’il est absolument déconseillé d’en boire. 

Garde donc à l’esprit qu’un petit verre de temps en temps, avec le respect des deux heures avant la prochaine tétée, ne fera pas de mal ni à toi, ni à ton bébé. 

Pour résumer, une consommation modérée, oui ; une consommation à l’excès, non

Et si tu as des doutes par rapport à ta situation personnelle, n’hésite pas à en faire part autour de toi. Échanger avec d’autres mamans allaitantes peut t’aider à te rassurer et trouver un équilibre entre ta vie de femme et ta vie de maman. Les deux sont compatibles, je te le promets.

L’idéal pour s’épanouir dans les deux domaines est de rejoindre une communauté de femmes qui pourront t’aider, elles aussi étant passées par ces questionnements. Le groupe « We milky moms » sur Facebook est l’une d’entre elles. 

Et n’oublie pas de t’inscrire à la newsletter pour recevoir toutes les anecdotes pratiques autour de l’allaitement maternel. Tu y retrouveras aussi des bons plans autour de l’allaitement et des réductions sur la boutique.

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